Conseils d’écrivains : Jessica Nelson

tandis_que_je_me_denude_02La deuxième édition du Prix du Livre Romantique est lancée depuis le mois de juin, et nombre d’entre vous sont en pleine rédaction de leur manuscrit. Pour vous accompagner dans cet exercice, des écrivains vous donnent leurs meilleurs conseils. Cette semaine, c’est Jessica Nelson qui se prête au jeu, en nous offrant son expérience d’auteur, conseiller littéraire, chroniqueuse et cofondatrice du prix de la Closerie des Lilas. Des conseils précieux ! 

Quels sont les 3 conseils que vous donneriez à un écrivain en herbe ?
* être sincère. Écrire pour soi, parce qu’on a quelque chose à explorer et à traduire en mots… mais ne pas penser, du moins dans un premier temps, aux lectures que les autres en feront…
* ne pas penser que la vie va changer parce que l’on est publié. Car le risque d’être déçu est grand ! Il faut mettre son coeur dans l’écriture et ensuite accepter que le livre ait une vie autonome, courte ou plus longue. Et dès qu’un texte est « fini », commencer le suivant !
* admettre qu’on ne plaira pas à tous les lecteurs, et que ce n’est pas grave !

Pour vous, qu’est-ce qu’un personnage réussi ?
Un personnage qui paraît éloigné et qui finalement vous emporte avec lui dans ses émotions. L’autre jour je lisais le nouveau roman de Sigolène Vinson, Le caillou (Le Tripode). Je ne m’attendais pas à être saisie, de façon presque épidermique, par l’histoire de cette jeune femme dont le souhait est de se transformer en caillou… Le roman est évidemment métaphorique, et il s’agit là d’une armure qu’elle construit autour d’elle, mais Sigolène Vinson nous balade sur des chemins très inattendus, et on ressort du roman très attaché à cette héroïne paumée…

Où trouvez-vous votre inspiration ?
Je fonctionne à l’obsession. Il y a des sujets, liés à mon histoire personnelles et à mon vécu, qui me hantent, et ne semblent pas vouloir me lâcher. J’écris pour mieux les comprendre et les chasser… Mon premier roman parlait de l’angoisse du vieillissement, et de la difficulté pour une jeune personne de regarder ce qu’elle va devenir, tout comme il est compliqué pour une personne âgée de regarder ce qu’elle a été et ne sera plus. Ce deuxième, dix ans après le premier, met en scène mes réflexions autour de l’image, de l’identité, de la disparition de l’intimité, du regard que l’on porte sur soi-même et qui est au fond souvent notre pire ennemi. Et entretemps, un autre sujet obsédant est venu frapper à ma porte… J’espère juste ne pas attendre dix autres années pour le maîtriser et le terrasser !

Un immense merci à Jessica Nelson pour ces conseils. Retrouvez son dernier roman Tandis que je me dénude qui paraîtra le 13 août aux éditions Belfond :
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