L’interview de Leila Meacham par les Lectrices Charleston

Meacham Photo ©Marie LangmoreLangmore Photography

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Comment avez vous eu l’idée d’écrire cette saga familiale qui s’étend sur plus d’un siècle ?
J’aimerais pouvoir répondre à cette question ! Pour un écrivain, il y a deux règles essentielles : d’abord, écrire ce que l’on aime lire. Ensuite, écrire sur ce que l’on connaît. Je n’ai fait ni un ni l’autre. Je n’ai jamais beaucoup apprécié les romans historiques. J’aime plutôt les œuvres modernes, surtout les intrigues policières bien ficelées et les romans d’espionnage haletants. Je suis incapable de vous dire comment j’en suis venue à écrire un roman peuplé de personnages qui ne ressemblent en rien à des gens que j’ai connus et à les situer dans un cadre où je n’ai jamais vécu. Cela demeure un mystère pour moi. Certes, je vis au Texas, mais je viens plutôt de l’ouest, et non de la partie est. Chez nous, chaque région se définit par sa culture, sa mentalité, sa gastronomie et son accent, de sorte que je ne connaissais pas bien cette société représentée par les trois familles de la saga. Dans l’Ouest, il y a moins de différences sociales. Pour être reconnu, il suffit de faire ce ne sont mieux avec ce que l’on a.

Pourquoi avoir choisi cette époque ?
J’ai eu l’idée des Roses de Somerset en  tombant par hasard sur le faire-part de naissance d’une petite fille dans une collection de vieux journaux. L’objectif de l’ouvrage était de raconter la vie des grandes figures d’une famille telle qu’elle était décrite dans les journaux. En découvrant des articles sur cette petite fille et sur son parcours, j’ai cessé de m’intéresser aux héros de la famille. J’ai lu tous les articles concernant cette femme ses spectacles, c’est un anniversaire, ces diplômes, son mariage, la naissance de ses enfants, et enfin sa mort. Je me suis demandé s’il ne serait pas intéressant de raconter l’histoire d’une femme née dans une petite ville au début du XXe siècle et de la suivre tout en sa vie. C’est ainsi qu’est née Mary Toliver. C’est la vie de cette femme qui m’a incitée à choisir cette période de l’histoire.

Le fond historique est extrêmement bien décrit, comment s’est déroulé la phase préparatoire à l’écriture et les recherches ?
Je me documente avant de commencer à écrire, mais je poursuis mes recherches au fur et à mesure de l’écriture. Une fois que j’ai posé mes personnages, c’est-à-dire que je les ai situés dans le temps et dans leur environnement, je me renseigne sur les événements du monde de l’époque et les particularités du cadre dans lequel ils évoluent. La réaction des personnages à ces éléments participe à l’évolution du récit et oriente souvent mon intrigue.

La Plantation est le préquel des Roses de Somerset. Comment vous est venue cette idée originale de revenir en arrière ? Pensiez-vous déjà à La Plantation en écrivant Les Roses de Somerset ?
C’est mon mari qui m’a suggéré d’écrire un préquel. Mes lecteurs me harcelaient pour savoir si j’envisageais de rédiger une suite à Roses. Je lui ai dit que non. La guerre des  roses était bel et bien terminée. Puis il a ajouté qu’il voulait en savoir davantage sur l’arrivée au Texas des Warwick, des Toliver et des Dumont. Alors je me suis demandé : comment  ces familles sont-elles arrivées au Texas ? Pour répondre à cette question, je me suis lancée dans des recherches qui m’ont emmenée de la Caroline-du-Sud en 1835 sur le parcours des membres fondateurs, avant même que le Texas n’existe. J’ai découvert les énormes sacrifices que les colons ont consentis, les épreuves qu’ils ont endurées pour créer cet État sans oublier le courage qu’il leur a fallu pour rester. En fait, ce livre est dédié à tous ceux qui sont venus, qui sont restés, qui ont fait la différence et qui ont gagné le droit d’être des Texans. Donc, je ne pensais pas un préquel de Roses en écrivant la Plantation

La Plantation rappelle Autant en emporte le vent et La Couleur des sentiments… S’agit-il de romans qui vous ont inspirée ?
Je n’ai jamais lu Autant en emporte le vent et je n’ai pas vu le film en entier. Tout ce que je sais de cette histoire et de ses principaux personnages, je l’ai vu à la télévision. Il ne m’est jamais venu à l’idée que j’écrivais un roman que les lecteurs compareraient à ce grand classique de Margaret Mitchell. Pour ce qui est de La Couleur des sentiments, je dois avouer que je ne vois pas vraiment de similitudes. Dans mes romans, la priorité est donnée à la place que les personnages accordent à leur terre au détriment d’amour. Dans La Couleur des sentiments, que j’ai lu, il me semble que le conflit tourne autour de la place des Noirs dans une société blanche.

Verriez-vous votre saga transposée en série TV ou en film ? Si oui, avec quels acteurs ?
Les gens ne cessent de me poser cette question. Oui, je crois que les deux ouvrages réunis pourraient faire une excellente série, mais elle serait très coûteuse à produire. Je ne connais pas très bien les nouveaux acteurs en vue qui seraient susceptibles d’incarner mes personnages. Quant à ceux de ma génération, je citerai Robert Redford en tant que Percy et Elizabeth Taylor dans le rôle de Mary.

Merci à Leila Meacham et aux Lectrices Charleston pour cette interview !

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