Le coup de cœur de la Rentrée Littéraire 2021

La Rentrée Littéraire 2021 approche à grands pas !  Toute l’équipe Charleston est impatiente de vous dévoiler un de ses coups de cœur : Quand s’illumine le prunier sauvage de Shokoofeh Azar. Un coup de cœur qui, nous l’espérons, vous intriguera et vous plaira autant qu’à nous.

1979. La révolution islamique gronde à Téhéran. Une des plus vieilles monarchies au monde tombe pour le régime répressif de Khomeiny.

Contraints de fuir la capitale, Hushang, Roza et leurs trois enfants tentent de reconstruire leur vie dans le petit village reculé de Razan, au cœur de la région montagneuse du Mazandéran. Malgré la terreur, malgré les âmes des martyrs de la révolution qui rôdent en attendant l’heure de la vengeance, malgré la tempête de neige noire, la forêt où poussent les pruniers sauvages offre un refuge aux espoirs et aux rêves de liberté.

Mais personne n’échappe longtemps à la violence, et le chaos s’étend rapidement à l’ensemble du pays, n’épargnant ni les jeunes, ni les vieux, ni les vivants, ni les morts.

Vous avez envie d’en savoir plus ? Shokoofeh Azar a répondu à nos questions sur son dernier roman, finaliste 2020 de l’International Booker Prize. Découvrez toute de suite ses réponses !

Vous êtes journaliste depuis de nombreuses années et Quand s’illumine le prunier sauvage est votre premier roman : considérez-vous l’écriture comme un acte de résistance ?
Pour vous répondre, je voudrais d’abord dire qu’écrire est vital afin de surmonter une vie dénuée de sens. La vie, en elle-même, n’a aucun sens. C’est nous qui le créons, et l’écriture est le sens que je veux donner au reste de ma vie. Sans l’écriture, l’une des plus belles et importantes raisons de me lever chaque matin disparaîtrait.
La deuxième raison importante est que j’écris car je ne peux pas arrêter d’écrire. Même quand je suis assise en silence et que je n’écris pas, j’écris dans ma tête. L’une des plus étranges questions à poser à un.e auteur.rice silencieux.se est : « À quoi pensez-vous ? » La réponse serait probablement de l’ordre de « À tout ce dont on ne peut parler mais au sujet duquel on peut écrire ».
Une autre raison, comme vous l’avez mentionné, est la résistance. L’écriture a pour moi un but social et culturel. Ce qui arrive à l’Iranien contemporain, dans la structure politique et religieuse de l’Iran actuel qui nous est imposée, fait toujours partie de mes préoccupations et de mes histoires.

Vous avez créé des femmes fascinantes dans ce roman. D’où viennent-elles et pensez-vous que les femmes ont une expérience particulière dans les moments de chaos et de révolution ?
Ces femmes sont inspirées des femmes qui m’entourent et qui ne peuvent vivre qu’un aspect limité de leur vérité. La culture traditionnelle, un système politico-religieux rétrograde ou leurs propres peurs et doutes ne les laissent jamais vivre pleinement. Dans mon roman, je leur ai donné l’opportunité de vivre tous les aspects de leur vie.
Depuis des centaines d’années et encore aujourd’hui, les femmes sont les leviers de pression ou de liberté, que ce soit sous les régimes Pahlavi ou islamique. Sous la dynastie Pahlavi, le régime voulut faire des femmes un symbole de liberté et de modernité, ce qui fut couronné de succès. Après la révolution islamique, le régime voulut faire des femmes un symbole de contrôle, de répression et de traditionalisme religieux. Cette révolution n’était pas uniquement politique et religieuse, c’était aussi une révolution contre les libertés et droits civiques de toutes les femmes.

Ce qui est marquant dans votre roman est le choix d’utiliser le réalisme magique pour associer une réalité très dure avec une atmosphère poétique et magique. Pensez-vous que c’était la seule façon de saisir la complexité de l’histoire iranienne récente ?
Non, bien sûr que non. Mais c’était la meilleure façon pour moi. D’autres écrivain.e.s ont leur propre façon de le faire. C’est de cette façon que je perçois la vie en Iran. Dans mon imaginaire, même si tout est très simple, c’est aussi extrêmement complexe, car j’ai compris que tout dans ce monde est connecté à tout le reste.
Plus nous regardons un objet de près et en détail (un brin d’herbe, par exemple), plus il prend de la profondeur. Parfois il semble que ses racines peuvent être trouvées à des kilomètres, sous un rocher qui porte la marque mythique « Arbre de Vie ».

Un grand merci à Shokoofeh Azar pour ses réponses.

Rendez-vous le 24 août 2021 en librairie ! 

 

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