L’interview de Mily Black, par les Lectrices Diva

Sextoys et bulles de savon est sorti le 9 mai dernier chez Diva. Grâce à leur lecture du livre en avant-première, les Lectrices Diva ont posé des questions à l’auteur, Mily Black. Voici ses réponses !

Pourquoi avoir voulu instaurer dans une comédie légère un thème plus sombre comme la violence conjugale ? Ce thème vous tient-il particulièrement à cœur ?

Je dois avouer que ce n’était pas dans l’idée de départ. Quand j’ai commencé à écrire Sextoys et bulles de savon, je comptais en faire une nouvelle qui prendrait fin après le premier rapprochement entre les deux héros. Et puis, au fur et à mesure des pages, j’ai trouvé que je survolais trop Fanny. Je ne prenais pas le temps de lui créer un passé qui expliquait son présent.
Pourquoi tant d’acharnement à ne pas se lier à un homme ? Dans beaucoup de comédies romantiques, la raison est un ex infidèle. Ce choix m’a paru trop facile, j’aime me démarquer et accompagner le tout d’un message positif. J’ai laissé mijoter et un jour, je suis tombée sur une vidéo sur Facebook de cette femme prise en photo tous les jours et dont les marques de maltraitance arrivent petit à petit. Voilà ce qui pourrait justifier l’attitude de Fanny !
Seulement, je me suis sentie incapable de me mettre à la place d’une femme battue. La psychologie des personnes victimes de violences conjugales me paraissait bien trop complexe. Craignant de raconter des choses fausses, ou trop romancées, j’ai opté pour l’histoire de Fanny. Et ce qui devait être une nouvelle est devenu un roman (comme c’est souvent le cas avec moi…)

Est-ce que le thème me tient à cœur ? Oui, comme tous ceux que j’aborde. J’aime les héroïnes cabossées par la vie qui s’en sortent, et qui trouvent le bonheur. Et puis c’est un moyen comme un autre de sensibiliser les gens.

L’héroïne tient une boutique de produits bio et sextoys ; vous-même aimeriez-vous tenir ce genre de boutique ? Pourquoi avoir tenu à ce que le magasin de Fanny vende aussi des sextoys ?

Fanny est, pour moi, un esprit libre. Le travail dans une grande entreprise ne pouvait lui convenir et avoir un chef au-dessus d’elle encore moins. Il lui fallait donc un magasin qui sorte de l’ordinaire.
À la base, je pensais lui faire vendre uniquement des sextoys pour bien la mettre en opposition avec Édouard et sa retenue toute militaire. Je la voyais aguicheuse, charmeuse… Et puis l’image d’elle a commencé à me donner des sueurs froides. Comment expliquer qu’une telle femme change pour un homme ?
Je sais qu’on croise souvent l’inverse dans les livres, et l’évolution (parfois trop rapide) d’un tel personnage me fait souvent lever les yeux au ciel. Du coup, pour atténuer j’ai ajouté les produits bio, parce que, oui, c’est bien eux qui n’étaient pas prévus.
Vendre moi-même des sextoys ? Pourquoi pas ?! Mais si je devais un jour ouvrir une boutique, ce serait plutôt une librairie telle que je l’ai décrite dans un autre manuscrit pas encore paru…

Pourriez-vous imaginer une sorte de suite de ce roman qui mettrait en scène Marie, la copine de Fanny ?

Il faut savoir que je peux imaginer toutes sortes de choses ! Parfois un simple mot me suffit pour déclencher une idée d’histoire. Est-ce que j’ai prévu quelque chose pour elle ? Non.
Fanny, en raison de son passé, avait besoin d’une amie avec les pieds sur terre. Marie était le point d’ancrage de Fanny, certainement la personne qui lui a permis de tenir le coup durant toutes ces années. Un rôle important à mes yeux, d’autant plus que je ne souhaitais pas la mettre trop en avant. Je voulais faire d’elle la femme de l’ombre, la meilleure amie par excellence. Maintenant, il est vrai qu’elle méritait elle aussi d’avoir une tendre moitié. À voir…

Avec du recul, tous vos personnages pourraient presque un jour pouvoir se rencontrer, les lectrices aiment la façon dont ils sont inscrits dans l’air du temps. Vous écrivez des romances contemporaines, avez-vous déjà pensé à écrire un autre genre ?

J’ai tenté une romance historique. Je n’ai pas dépassé le troisième chapitre en deux ans. J’ai fait les recherches, créé un dossier avec des photos glanées sur Internet… Seulement la psychologie des femmes de cette époque me parait trop éloignée de la mienne. J’ai eu peur d’en faire des esprits trop indépendants et, par conséquent, totalement anachroniques. De même, j’ai craint que mon héros ne soit trop rustre et caricatural.

Merci à Mily Black et aux Lectrices Diva pour cette interview !

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