L’interview de Nikola Scott

Nikola Scott, l’auteure des Roses de Hartland a répondu aux questions des Lectrices Charleston ! Découvrez l’interview de l’auteure !

La découverte d’un secret de famille aussi gros qu’un enfant caché, est-ce quelque chose qui vous ai arrivé personnellement ?

Je n’ai jamais découvert quelque chose d’aussi monumental que cela, mais j’aime les histoires familiales et les histoires de famille. Je demande toujours à ma mère, qui est une merveilleuse conteuse, de se remémorer sa jeunesse datant de l’après-guerre. L’autre jour, je mentionnais que j’étais bloquée sur un aspect spécifique de ma nouvelle histoire et elle m’a donné une boîte à chapeaux pleines d’anciennes lettres. C’était une mine d’inspiration pour moi !

Je dirais que l’histoire qui se cache derrière Les Roses de Hartland n’est pas du tout autobiographique, ma grand-mère était également une mère célibataire dans les années 1940 et 1950. Elle  est morte quand j’étais petite donc je ne me souviens pas d’elle personnellement, mais je suis presque sûre que certaines des histoires que ma mère me racontait à son propos m’ont influencées quand j’ai créé le personnage de Liz.

Est-ce que les échanges de bébé secret étaient quelque chose de fréquent à cette époque ?

Généralement, les mères célibataires été envoyées dans une maison semblable à celle que je décris dans le livre environ six semaines avant la naissance. Elles accouchaient là-bas, y restaient six semaines de plus, donnaient le bébé pour adoption et rentraient chez elles. Les registres de naissance et d’adoption n’étant pas aussi réglementés qu’aujourd’hui, en particulier dans les zones rurales, nous n’avons aucun moyen de savoir combien de bébés ont été donnés sans les formalités administratives appropriées. La situation que je décris avec Liz à l’hôpital est extrême mais tout à fait possible. La stigmatisation morale et la honte étaient telles que les parents d’une fille enceinte sans mari (et ça peut aussi vouloir dire tomber enceinte de son fiancé avant d’être mariés) feraient tout pour que les choses se passent de manière discrète.

J’ai lu tellement de témoignages de femmes qui ont été forcées de signer des papiers d’adoption, qui ont subi un chantage émotionnel, qui ont été maltraitées si elles résistaient, qui ont été traitées comme des galeuses et qui ont été obligées d’abandonner leurs bébés. Une fois le bébé adopté, même si après coup la mère regrettait d’avoir consenti à l’adoption, il lui était souvent impossible de revenir en arrière. Les adoptions à l’époque étaient complètement fermées, ce qui signifie que ni l’enfant ni la mère n’étaient supposés découvrir l’identité de l’autre. Ce n’est que bien plus tard que les dossiers d’adoption furent progressivement ouverts, tout d’abord pour permettre à l’enfant de retrouver sa mère, et plus tard, pour permettre aux mères de rechercher les enfants qu’elles ont abandonnés.

Quel est le personnage dont vous vous sentez le plus proche dans votre roman ?

C’est une bonne question, même si c’est un peu comme choisir son enfant préféré ! J’admire l’esprit de Phoebe ; j’adore son attitude impatiente et sa façon d’aborder le monde jusqu’à sa décision d’avoir un bébé éprouvette à la fin. Son personnage était génial à écrire et se démarquait très clairement dès le début. Cependant, Addie est plus proche de mon cœur. Elle est plus complexe, elle doit faire des choix difficiles et son développement émotionnel est tellement plus rapide que celui de Phoebe qu’elle dispose de toute mon empathie et de ma compréhension. Je voulais qu’elle soit fragile mais pas faible, qu’elle se développe et prenne des risques, tout en restant fidèle à sa personnalité.

Il m’a fallu beaucoup de temps pour qu’Addie soit parfaitement au point et, peut-être parce que j’ai passé tellement de temps avec elle, c’est ma préférée du roman. Liz est dans une catégorie qui lui est propre, je pense. Elle n’est née que très tard dans mes écrits, quand j’ai réalisé que j’avais besoin d’en savoir plus sur la mère d’Addie pour comprendre Addie elle-même. Au début, j’ai commencé à écrire moi-même les entrées du journal de Liz, afin d’avoir une image plus claire du contexte. Mais plus je lisais et faisais des recherches, plus je devenais fascinée par Liz. Sa partie de l’histoire a grandi jusqu’à devenir un personnage vivant, avec une histoire magnifique et incroyablement triste à raconter.

Comment voyez-vous l’avenir d’Addie se dérouler après ces belles retrouvailles et son changement de cap ?

J’aime à penser que Phoebe et elle vivent à proximité l’une de l’autre, pouvant ainsi rattraper le temps perdu, qu’elles puissent parfois se voir de la même manière que Graham et Harriet dans l’épilogue, voire même Venetia à un moment donné (bien que cela soit difficile à imaginer). Addie va très certainement ouvrir son propre café, quelque chose de terre-à-terre et d’accueillant, où les mamans s’arrêteront sur le chemin de l’école pour acheter à leurs enfants des brioches sucrées pour le goûter. J’espère vraiment, vraiment qu’elle se mariera avec Andrew car je pense qu’il est tout simplement formidable. Je suis assez optimiste sur ce point, même si je m’imaginerais une lutte acharnée portant sur l’organisation du mariage avec Venetia, qui voudrait désespérément en faire une grande et somptueuse affaire. Alors, peut-être qu’un beau jour, Andrew et Addie se rendront au bureau de l’état civil un peu comme Liz et Graham, et se marieront en secret.

L’histoire est très belle et rempli de rebondissement, je me demandais donc combien de temps avez-vous pris pour écrire ce roman (de votre  première idée au point final) ?

C’est difficile de mettre un nombre dessus parce que ça m’a pris un moment pour me trouver en tant qu’auteur. J’ai commencé avec un concept clé, un étranger se présentant sur le pas de la porte d’une femme affirmant être sa sœur. Mais après j’y ai relié tellement d’idées que j’ai fini par raconter l’histoire d’Addie de plusieurs manières, tout en travaillant sur un court roman Young Adult et un roman de Chick lit. Avec du recul, je pense que je devais extraire toutes ces idées de mon esprit, car lorsque je suis finalement revenu à aux Roses d’Hartland, c’était avec une vision très claire de l’histoire et des personnages, confiante dans ma propre voix et avec une compréhension du genre exact d’histoires que je voulais écrire à partir de maintenant. Ce moment de clarté était plutôt étonnant – je me suis assise et j’ai écrit la version finale Des Roses de Hartland en une fois, en moins d’un an. La meilleure réponse que je puisse donner à cette question est probablement entre 9 mois et 4 ans.

 

 

Merci à Nikola Scott pour ses réponses ! 

, , ,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire