L’interview d’Éric Le Nabour, par les Lectrices Charleston

Avant sa sortie en poche, les Lectrices Charleston ont pu découvrir le roman d’Éric Le Nabour, La Dame de Kyoto. Suite à leur lecture, elles ont pu poser quelques questions à l’auteur sur les sujets qui les intéressaient. Voici ses réponses !

Votre roman nous immerge complètement dans le Japon de l’ère Meiji. Aviez-vous un intérêt particulier pour l’art, la culture, et les traditions japonaises avant d’écrire ce roman ?

J’ai toujours été passionné par l’Asie en général et le Japon en particulier. J’ai commencé très jeune à pratiquer les Arts martiaux, puis j’ai voulu en savoir davantage sur la civilisation qui avait donné naissance à ces arts de combat : son histoire, sa littérature, sa société et, naturellement, son passage d’une civilisation traditionnelle à l’ère moderne vers la fin du XIXe siècle, période à laquelle l’Occident a fortement influencé l’évolution du Japon.

 

Myako a un caractère fort et indépendant, surtout pour son époque et sa culture. Vous considérez-vous féministe pour mettre ce type de femme au centre de votre récit ?

En réalité, j’aime trop les femmes pour être féministe. Pour moi, c’est un mot qui a uniquement une connotation politique et la politique ne m’intéresse pas vraiment. Vous dites de Myako qu’elle est une femme forte et indépendante, mais n’y a-t-il pas toujours eu des femmes fortes et indépendantes, à toutes les époques et sous tous les soleils ? Les femmes ont toujours joué un rôle déterminant dans l’histoire et ont eu, par le passé, des droits et des rôles qui feraient pâlir d’envie les jeunes femmes d’aujourd’hui. Au Moyen-Âge par exemple, des femmes ont accompagné leur mari à la croisade, d’autres ont géré des fiefs en leur absence. Il me semble, en revanche, que les femmes d’aujourd’hui réclament davantage les « apparences du pouvoir » que le pouvoir réel, pouvoir qu’elles ont toujours possédé, que ce soit dans l’ombre ou en pleine lumière. Imagine-t-on, par exemple, un homme réussir, dans quelque domaine que ce soit, sans avoir derrière lui une femme de tête qui est là pour pallier ses doutes et ses faiblesses ? Par ailleurs, le grand nombre des femmes qui sont aujourd’hui à la tête d’entreprises, de médias, ou qui investissent la plupart des professions libérales, prouverait, si besoin était, à quel point elles ont su se faire une place de choix dans la société moderne.

 

Les relations amoureuses de Myako, avec Allan ou Martin, sont particulièrement amères chacune à leur façon. Était-ce une réelle volonté de votre part ?

Un roman n’est pas entièrement planifié depuis le début. En réalité, ce sont les caractères des principaux personnages qui font bouger les lignes de force de l’histoire. Mais, pour répondre à votre question, je ne crois pas qu’elles soient amères. Certes, Allan n’est pas un personnage particulièrement sympathique. A ses yeux, la femme est une proie, un trophée, sans compter avec les nombreuses arrière-pensées qui sont les siennes. Martin, en revanche, est sincère, mais se heurte au monde radicalement étranger dont fait partie Myako. Il adopte donc une approche plus globale, s’intéresse à la calligraphie, à la civilisation japonaise, à ses mœurs et à la façon dont Myako peut penser, imaginer, rêver. Il cherche à mieux la comprendre pour mieux l’aimer. D’ailleurs, à la fin, Myako lui entrouvre la porte qu’Allan, lui, a forcée. Je laisse donc aux lectrices et aux lecteurs le soin d’imaginer une suite possible à leur histoire… à moins que je ne l’écrive un jour.

Merci à Éric Le Nabour et aux Lectrices Charleston pour cette interview !

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