L’interview d’Ève Borelli

Les Lectrices Charleston ont eu l’occasion de poser leurs questions à Ève Borelli sur son nouveau roman La lanceuse de couteaux ! Découvrez les réponses de l’auteur ! 

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire sur l’univers du cirque ?

J’ai toujours aimé les contextes, les personnages originaux, et plus j’écris, plus cette tendance s’accentue. J’éprouve de l’intérêt pour ceux que l’on laisse dans l’ombre, pour les lieux peu fréquentés. L’une de mes comédies romantiques se passe dans une réserve africaine ; mon dernier manuscrit met en scène un fabricant de fèves, une athlète lanceuse de disque, et un ex-prisonnier… Pour ce qui est de la Lanceuse de couteaux, l’univers du cirque m’a fascinée : le côté traditionnel, parce que ce cirque-là s’efface, que le public lui tourne le dos, qu’il devient du noir et blanc, du désuet. J’aime cette mélancolie. Et l’aspect plus contemporain et moderne, car c’est vraiment intéressant de voir la discipline renaître de ses cendres pour évoluer et résister.

L’idée de La lanceuse m’est venue un été, alors que je regardais un clip de Colplay (j’adore ce groupe) : Magic. C’est une vidéo magnifique, en noir et blanc, tournée comme les films muets d’époque… mettant en scène une circassienne lanceuse de couteaux et son fidèle assistant (amoureux). La musique m’a bouleversé, tout comme les paroles et les images. Hop ! L’étincelle était née et je me suis mise à écrire furieusement !

Certaines pratiques ou traditions propres aux Circassiens sont bien décrites, avez-vous pu côtoyer ce monde ?

Je n’ai pas vraiment pu côtoyer ce monde, mais j’avais accompagné des élèves voir un spectacle du Cirque Romanes, le dernier cirque Tzigane. La représentation avait été suivie par un entretien avec M. Romanès, que j’avais trouvé désarmant, avec sa sincérité, son franc-parler, son vocabulaire familier, ses idées bien arrêtées et son amour du cirque traditionnel. J’avais été marquée par les liens forts de cette famille, leur talent et leur volonté d’exister encore et toujours face à des structures plus modernes et percutantes.

Quel artiste de cirque auriez-vous aimé être ? Auriez-vous aimé être une lanceuse de couteaux ?

Assurément ! Évidemment ! Lanceuse de couteaux, sans le moindre doute ! Même si avec ma maladresse légendaire, je suis persuadée que j’écorcherais quelques assistants !

Je crois que si j’avais l’occasion d’intégrer un crique, je me passionnerais également pour les costumes… Je trouve fascinant ce mélange de kitsch et de pure élégance.

Avez-vous côtoyé des victimes de violences conjugales pour reporter ces comportements ?

Non, je n’ai jamais rencontré de victimes de violences conjugales. Des filles avec des mecs pas très funky, avec des types qui, au lieu de les épanouir, les mettaient dans un état d’attente, de stress permanent, oui. Nous sommes nombreuses à avoir fréquenté des gars jaloux/chiants/pas sympas… mais non, il n’y a pas de femmes maltraitées dans mon entourage. J’ai dû beaucoup me documenter sur le sujet et tenter de me fondre dans le personnage de Siloé pour imaginer des réactions logiques de sa part. Cela a été particulièrement difficile, d’ailleurs, puisqu’elle est très jeune, et que son univers particulier influe sur ses réactions. J’espère avoir été crédible dans cet aspect du récit.

C’est mon premier roman de vous, mais j’avais dans l’idée que vos précédents ouvrages étaient des romances légères et humoristiques. Pourquoi avoir changé de registre en abordant des thèmes plus profonds ?

Effectivement, mes premiers romans sont des comédies romantiques très légères. J’ai changé de registre, tout simplement, parce que lorsqu’on écrit, on désire se renouveler, explorer d’autres horizons. Et puis, dans mon esprit, il y a le « moi » rigolo, plein de blagounettes et le « moi » plus sensible. C’est celui-là qui s’exprime dans La lanceuse de couteaux. Je refuse de me cantonner à un genre. J’écris selon mes idées, mes envies, sans me soucier de me catégoriser. D’ailleurs, j’ai du mal à classer la Lanceuse de couteaux dans un genre particulier !

Un grand merci à Ève Borelli d’avoir répondu aux questions des Lectrices Charleston ! 

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