Pourquoi l’écoféminisme ? – Elise Thiébaut

Quoi de mieux que la journée internationale des droits des femmes pour aborder le sujet de l’écoféminisme avec Elise Thiébaut, autrice de « L’Amazone verte ». 

L’écoféminisme. Soyez-honnête : vous ne savez pas ce que c’est. Quand on vous en parle votre première réaction est peut-être de prendre l’air entendu, en supposant qu’il s’agit d’un mix entre écologie et féminisme, c’est-à-dire les trucs les plus chauds du moment.

Alors que vous sortez du lit, en ces temps de pandémie désespérants, la dernière image que vous avez envie de voir surgir sous vos yeux est pourtant celle de Greta Thunberg pointant un index accusateur sur votre consommation carbone. Et pour ce qui est du féminisme, entendre parler d’inceste, de violences sexuelles ou conjugales, d’excision et de harcèlement vous donne le bourdon. Vous ne voulez pas vous fâcher avec les hommes de votre vie et vous n’avez pas envie d’être tout le temps en colère. Qui aurait envie d’être tout le temps en colère ? 

La bonne nouvelle, c’est que l’écoféminisme est loin de se résumer à ça. Au contraire, c’est la lumière au bout du tunnel, le PLAN qui nous manquait pour en finir avec le désastre.

Reconnaissez qu’on manquait d’une vision globale, en ces temps où les divisions nous minent. L’écoféminisme nous apprend qu’à la racine de toutes les oppressions patriarcales se trouve une conception de l’humanité fondée sur le pouvoir et la hiérarchie. Elle a produit le sexisme, le racisme, les colonisations, l’esclavage en mettant le mâle et, surtout, le père, au sommet de la pyramide. Or, vous savez quoi ? Le monde n’est pas une pyramide (soit dit sans vouloir vexer Nefertiti). Le père y a sa place, mais certainement pas la première. Et certainement pas au-dessus des autres.

On se moque souvent des écoféministes en pensant que ce sont des hippies ou des sorcières sur le retour qui aiment danser en cercle à la pleine lune et qui voudraient renvoyer les femmes à leur nature reproductrice. 

Si l’écoféminisme peut passer par des balades en forêt, un penchant pour les paniers bio et des prières à la Grande Déesse, c’est d’abord, selon Françoise d’Eaubonne qui l’a inventé, une vision de l’avenir, une utopie et un espoir d’en finir avec la toute-puissance patriarcale. 

Et peut-être, enfin, de changer le monde ensemble. 

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