La fiction est mon arme de combat – Sophie Adriansen

A l’occasion du mois de mars au féminin, Sophie Adriansen aborde son utilisation de la fiction pour faire entendre la voix des femmes. 

La naissance est un sujet politique. « On ne changera pas le monde tant qu’on ne changera pas la façon de naître », affirme Michel Odent. La naissance nous concerne tous. Moi, elle me passionne depuis vingt ans.

Mais le sujet me passionne autant qu’il me met en colère. A cause des injonctions à embrasser la maternité avec facilité, et avec le sourire. A cause aussi de ce qu’on fait subir aux femmes, de la façon dont on les infantilise, des abus de pouvoir qui ont des conséquences à vie sur leurs victimes – j’entends par là l’expression abdominale lors de l’accouchement, l’épisiotomie imposée, toutes les formes de violences obstétricales, des plus grandes maltraitances aux commentaires lâchés l’air de rien ; il n’y a pas de « petite phrase » quand on est dans une situation de domination.

Notre société patriarcale n’apprécie guère que les femmes parlent. Ces histoires-là devraient demeurer des secrets, ne pas s’échapper des protections périodiques ou des replis de l’âme.

Pour les faire entendre, j’ai pris le parti de la fiction.

J’écris pour dénoncer.

J’écris parce que je trouve ça intolérable.

J’écris avec l’espoir qu’un jour mes romans reflètent une époque révolue.

J’écris parce que le chemin qui mène à la maternité est tout sauf un long fleuve tranquille.

Je suis moi-même issue du silence. Mais, il y a longtemps déjà, j’ai choisi de désobéir. Alors j’écris ce qu’on ne dit pas. Je suis convaincue que dans les familles comme dans la société, tout irait mieux si on arrêtait de considérer qu’être une femme, c’est faire comme si de rien n’était.

Je crois au pouvoir de la parole, je crois au pouvoir du récit, je crois que nos histoires individuelles sont des rivières qui se rejoignent dans le grand fleuve de l’histoire collective. Je crois que nous sommes universelles.

Dans mes romans, il y a du sang menstruel, des fluides, du liquide placentaire, du sperme, des horreurs prononcées et ensuite impossibles à oublier, des négations de traumatismes et des blessures irréparables, mais aussi des phrases bienveillantes et des larmes de joie.

Et si mes héroïnes se taisent, moi, écrivaine, je décide de porter leurs voix.

La fiction a son rôle à jouer.

Elle est mon arme de combat.

Billet publié le 12 avril 2021 par Charleston 0

La jeunesse et le féminisme – Mathilde Faure

Lauréate du Prix de l’Héroïne Engagée, Mathilde Faure aborde aujourd’hui la jeunesse et le féminisme pour le mois de mars au féminin. 

Jeunesse concernée, jeunesse habitée, jeunesse révoltée, c’est à toi que je m’adresse.

« Féminisme », quel mot étrange pour ton jeune âge. Lui qui a si longtemps effrayé l’opinion public, allant même jusqu’à pointer du doigt celles et ceux qui s’y apparentaient.

A toi, qui entend le mot féminisme comme un mouvement réservé aux autres. 

Jeunesse, être féministe c’est aussi s’élever contre ces petits riens du quotidien qui construisent les forteresses du patriarcat. 

Jeune femme en devenir, tu es féministe lorsque tu te trouves belle, les aisselles non rasées, lorsque tu décides de ne pas porter ce sourire gêné face à cet homme qui te complimente sur tes courbes bien proportionnées. 

Jeune homme en devenir, tu es également concerné. Refuser que ta bande d’amis interpelle cette fille sur le quai de la gare ne porte pas atteinte à ta précieuse virilité… Etre traiter de féministe n’est pas une insulte. Lorsque tu oses bousculer l’ordre établi, tu n’en es que plus grand. Grand d’esprit.

Jeunesse, ne laisse pas l’éternel « c’était mieux avant »  ternir ta soif de changement.

Cette fougue, insolente parfois et sans demi-mesure, mais qui dit non à la résignation. Tu apprendras que la vie est faite de nuances, malheureusement certains combats demandent beaucoup, beaucoup de voix. Prendre de la place, dans l’espace et dans l’imaginaire, n’est jamais acquis.

Jeunesse, ne te suffit pas de la société que nous t’offrons aujourd’hui, tu mérites mieux. Tu mérites un quotidien où un.e adulte n’a pas besoin qu’une jeune fille soit accompagnée d’un garçon pour être rassuré, une fois la nuit tombée. Un monde où la notion de respect n’est plus définit par la capacité d’une femme à dire « non, pas le premier soir ». 

Jeunesse, tu es féministe lorsque tu revendiques tes désirs, lorsque tu n’as pas peur de froisser et d’envoyer valser les prétendues vérités.

Jeunesse concernée, jeunesse habitée, jeunesse révoltée, je mise sur toi.

 

Billet publié le 12 avril 2021 par Charleston 0

Les tabous autour de la maternité – Mélusine Huguet

Autrice de « Un jour de plus de ton absence », Mélusine Huguet aborde, pour le mois de mars au féminin, les tabous autour de la maternité. Connaissez-vous une femme qui a subi une fausse-couche ? La réponse qui vous viendra d’emblée en tête sera sûrement négative. Mais réfléchissez-y à deux fois : en êtes-vous vraiment sûr.e ? Comment en avoir […]

Billet publié le 16 mars 2021 par Charleston 0

Pourquoi l’écoféminisme ? – Elise Thiébaut

Quoi de mieux que la journée internationale des droits des femmes pour aborder le sujet de l’écoféminisme avec Elise Thiébaut, autrice de « L’Amazone verte ».  L’écoféminisme. Soyez-honnête : vous ne savez pas ce que c’est. Quand on vous en parle votre première réaction est peut-être de prendre l’air entendu, en supposant qu’il s’agit d’un […]

Billet publié le 9 mars 2021 par Charleston 0

« La Sœur disparue », le dernier tome de la saga Les Sept Sœurs

L’équipe Charleston partage avec vous toutes les étapes de publication du dernier tome de la saga Les Sept Sœurs : La Sœur disparue.    16 février 2021 Lucinda Riley, l’une de nos autrices incontournables, fête aujourd’hui son anniversaire : Happy Birthday Lucinda Riley ! ❤️ Et à journée exceptionnelle, annonce exceptionnelle : nous sommes ravis […]

Billet publié le 16 février 2021 par Charleston 0

L’interview de Élise Thiébaut – L’Amazone Verte

Élise Thiébaut a répondu aux questions de Danaé Tourrand-Viciana, notre directrice éditoriale, sur son nouveau roman L’Amazone Verte,  une biographie subjective de la pionnière de l’écoféminisme. Découvrez ses réponses ! Comment vous est venue l’idée d’écrire cette biographie de Françoise d’Eaubonne ? La façon dont les idées nous parviennent quand on écrit est toujours mystérieuse. […]

Billet publié le 1 février 2021 par Charleston 0