6 questions à Alia Cardyn

Mardi prochain, vous pourrez enfin découvrir le premier roman d’Alia Cardyn, nouvelle auteure aux Editions Charleston. Dans Une vie à t’attendre, elle nous raconte l’histoire de Rose, dont les parents disparaissent quand elle a six ans. Seize ans plus tard, elle découvre quelques mots sur un carton, des indices sur la disparition de ses parents… Lui permettront-ils de dépasser une enfance brisée ?

Une vie à t'attendre _c1Une vie à t’attendre est votre premier roman, comment vous est venu l’idée d’écrire cette histoire ? Quelles ont été vos sources d’inspirations ?

Il y a deux ans, j’ai aperçu une vieille demeure victorienne au sommet d’une colline et j’ai dit à mon mari : « le jour où j’écris un roman, il commencera là ».

Face à la page blanche, le 20 mai 2015 – premier jour d’écriture de mon livre, je l’ai donc imaginée et en un coup, j’ai été transportée dans son grand hall. Devant moi une vue magnifique et tout autour la tension qui suit un drame. Les gens s’affairent mais que cherchent-ils ? C’est la maison qui me l’a raconté, soufflant les mots du premier chapitre…

J’avais envie de m’amuser donc je voulais une intrigue forte. Devoir expliquer la disparition de deux adultes était le point de départ idéal car je n’avais aucune idée de la suite, de ce qui c’était passé pour eux. Ce n’est que plusieurs semaines plus tard que j’ai trouvé. Comme Archimède, dans mon bain ! Eureka !

Qui sont les auteurs qui vous inspirent le plus ?

Mon amour pour les livres est né avec Les Echelles du levant d’Amin Maalouf et L’Amant de Marguerite Duras. Je les ai lus en quelques heures, une révélation pour la jeune fille que j’étais. Je n’ai jamais voulu suivre de cours d’écriture pour ne pas perdre ce qui pourrait être original dans mon travail, quitte à conserver tous mes défauts ! Ma formation permanente consiste plutôt à lire des écrivains qui sont talentueux sur les points que je souhaite parfaire. Je lis donc des maîtres de l’intrigue car je trouve qu’elle est capitale dans un livre (Camilla Läckberg, Michel Bussi), d’autres pour leur plume fabuleuse (quelques lignes de Carole Martinez, un peu de Marguerite Duras) ou leur écriture fluide et agréable (Joël Dicker).

Quelles sont vos rituels d’écriture ?

J’écris allongée sur une méridienne face à la campagne (j’ai rédigé ce roman enceinte donc cette position était idéale) et ma règle d’or est que je ne peux terminer une journée d’écriture avant d’avoir couché 5.000 signes sur le papier ! Cela me force à persévérer. Comme un sportif, je dois m’échauffer. Dépasser les premières lignes chaotiques pour enfin, peut-être, bénéficier de ce flux, ce moment magique où l’histoire s’écrit presque toute seule. J’ai aussi pris pour habitude de ne pas trop attacher d’importance à mon jugement. Je suis seule face à mon texte pendant des mois (je demande rarement l’avis d’autres) et mon appréciation du travail accompli dépendra certes de sa qualité mais aussi beaucoup de mon humeur, bonne ou mauvaise ! Quand je manque d’inspiration, je mets de la musique et chaque mot écrit paraît désormais plus beau, comme une excellente bande son élève la qualité d’un film. Cela m’encourage et le flux se rapproche !

La construction narrative de votre texte est éclatée et fragmentée, pourquoi ?

J’adore les histoires et en écrivant ce roman, mon premier but était de m’en raconter une qui me plairait ! J’ai trouvé le point de départ très intriguant mais je ne voulais pas alourdir le récit en restant uniquement dans la souffrance de Rose petite. Je voulais alterner avec un espoir naissant, celui d’une Rose qui va grandir et trouver les moyens de dépasser son traumatisme. J’avais aussi envie de mettre en miroir, l’enfant et la femme afin de montrer la façon dont un drame se tatoue dans notre peau et transparaît dans chacune de nos attitudes, même des dizaines d’années plus tard. J’avais aussi envie que d’autres personnages prennent la parole. Ils avaient fait des choix particuliers et je voulais leur donner la chance de s’expliquer. J’ai aimé me glisser dans la peau de chacun d’eux, le caractère se dessinant presque spontanément. C’était vivifiant !

Comment s’est faite la rencontre entre vous et les Editions Charleston ?

Je crois que toute ma vie, je me rappellerai de cette après-midi ensoleillée sur une terrasse parisienne. J’étais à Paris pour donner une conférence et Karine Bailly de Robien, directrice éditoriale, avait pris la peine de m’y rencontrer pour lire devant moi les vingt premières pages de mon roman. Je n’avais pas écrit plus ce 17 juin 2015 et à ce stade, je n’en connaissais même pas la fin ! J’ai toujours été un peu fonceuse et avec le recul, je réalise le cadeau immense qu’elle m’a fait ce jour-là.

Même si Karine lit incroyablement vite, les minutes ont été longues ! J’ai cru la voir émue (seule elle pourra confirmer), emballée par ces premières lignes. Finalement, elle a posé les pages sur la table et après des heures de travail sans aucune idée quant à la qualité de mon texte, j’ai pu avoir un premier verdict. Elle était enthousiaste et a proposé un contrat alors même que j’ignorais tout de la fin de l’histoire ! C’est le rêve de tout écrivain et je suis touchée que Charleston ait cru en moi dès le départ. Cela a été une force dans mon écriture.

Vous exercez le métier de coach, quels conseils donneriez-vous à Rose pour apprendre à s’aimer ?

J’essaierais de l’aider à identifier ses forces et ressources pour dépasser sa souffrance, à prendre conscience que les stratégies de survie qu’elle a mises en place enfant (la méfiance notamment) sont désuètes et inefficaces à l’âge adulte. Je lui proposerais de découvrir de nouvelles stratégies porteuses et épanouissantes afin de pouvoir lâcher prise par rapport aux anciennes. Nous travaillerions sans doute la capacité de s’accepter telle que l’on est, si possible à chaque minute. Réaliser que notre vie sera inévitablement composée de réussites et d’échecs, d’erreurs et de bons pas permet aussi d’accepter notre destin d’être humain. Finalement, nous n’avons qu’une seule mission, faire de notre mieux.

Dans le roman, la mère de Rose raconte New York dans son journal, est-ce une ville qui vous attire ?

C’est une de mes villes préférées. Un matin au début de l’écriture du livre, j’ai eu envie de voyager alors je me suis demandée « tiens, je peux aller partout avec l’écriture, qu’est-ce qui me tente aujourd’hui ? ». La réponse s’est imposée immédiatement, New York ! J’ai été sur internet pour regarder les photos des quartiers que je décrirais. Je voulais une ville qui trancherait avec la campagne calme des Campion, une ville qui serait à l’image de Gabrielle avant son mariage. Pétillante, audacieuse, un être avec tous ses rêves devant soi !

Merci aux Lectrices Charleston pour leurs questions et à Alia Cardyn pour ses réponses ! Retrouvez plus d’informations sur Une vie à t’attendre.

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